Carnet

Mis à jour le 9 septembre 2026

Le relevé de fin d'été : ce qu'il faut noter dans son jardin avant l'hiver

Ce n'est pas un guide, c'est un carnet à remplir dehors, en vingt minutes. À la fin de l'été, votre jardin vient de vous montrer tout ce qui ne va pas : le coin où l'on ne s'assoit jamais, l'heure où la table devient invivable, le passage qui gêne au quotidien. En novembre, les massifs seront coupés et vous n'en aurez plus le souvenir précis. Le carnet vous fait faire trois gestes, dans cet ordre : noter ce qui vous a gêné, photographier ce que vous voulez pouvoir retrouver, choisir une seule priorité pour l'année qui vient. Il se télécharge en bas de cette page, s'imprime ou se recopie dans les notes de votre téléphone.

Pourquoi maintenant, et pas au printemps

Le seul moment où vous savez ce qui ne va pas dans votre jardin, c'est celui où vous venez de le vivre. Vous sortez de trois mois passés dehors. Le manque d'ombre au milieu de l'après-midi, la fraîcheur qui tombe trop tôt le soir, le coin qui n'est jamais au soleil : vous en avez la mémoire fraîche, et elle ne durera pas.

Trois raisons de le faire en fin d'été. Les massifs sont encore lisibles, alors qu'en novembre ils seront coupés, les arbres nus, et le jardin ne ressemblera plus à rien de ce que vous avez vécu. Votre mémoire est encore précise, et c'est la précision qui fait la différence entre une impression et un constat. Enfin, l'hiver est le bon moment pour concevoir : ce que vous notez maintenant devient le programme du printemps.

Au printemps, le jardin est joli et l'envie revient, mais le souvenir a disparu. C'est le piège le plus courant : on redémarre chaque année sur une envie, jamais sur un constat.

Les trois gestes

Noter

Écrivez ce qui vous revient spontanément, pas une liste exhaustive. Ce qui remonte tout seul est presque toujours le vrai sujet.

Le carnet pose cinq entrées : le soleil, c'est-à-dire où vous avez manqué d'ombre et vers quelle heure ; le regard des autres, depuis quel endroit vous vous sentez vu ; le bruit, d'où il vient et où vous le supportez le moins ; les espaces morts, le coin que vous n'avez jamais utilisé de l'été ; et le reste, ce qui vous a agacé sans que vous sachiez vraiment pourquoi.

Une règle tient tout le reste : notez la gêne, pas le remède. Dès que vous écrivez « il faudrait une pergola », vous avez arrêté d'observer, et le remède n'est pas toujours celui qu'on croit.

Photographier

Ne cherchez pas à faire de belles images, cherchez à retrouver plus tard ce que vous constatez aujourd'hui. Photographiez depuis là où vous vivez : si la gêne apparaît depuis la table, photographiez depuis la table ; si elle se ressent depuis le salon, photographiez depuis le salon. Et ne rangez rien avant, le mobilier de travers et le tuyau qui traîne font partie du constat.

Une dizaine de photos suffit largement : l'endroit où vous passez le plus de temps, celui que vous n'utilisez jamais, la vue qui gêne quand vous êtes assis, l'endroit où vous manquez d'ombre, les passages qui fonctionnent mal, et une vue générale pour vous rappeler comment tout s'organise.

Puis une série à part, qui est la plus utile du carnet. Choisissez l'endroit où vous passez le plus de temps et photographiez-le trois fois dans la même journée, au même cadrage, sans bouger : le matin, au cœur de l'après-midi, en fin de journée.

Schéma d'une table et d'un arbre le matin, soleil bas à gauche, l'ombre de l'arbre s'étire à l'opposé de la table qui reste en plein soleil
Le matin
Le même schéma au cœur de l'après-midi, soleil au zénith, l'ombre de l'arbre est réduite à sa base et la table reste en plein soleil
L'après-midi
Le même schéma en fin de journée, soleil bas à droite, l'ombre de l'arbre s'allonge jusqu'à recouvrir la table
En fin de journée

Sur cet exemple, la table n'est à l'ombre qu'en fin de journée. C'est le genre de chose dont on ne se souvient jamais de mémoire, et qui décide pourtant de l'heure à laquelle on peut réellement s'y installer. Choisissez un jour de beau temps, sinon il n'y a pas d'ombre à observer.

Ce que cette série fait apparaître, presque toujours, c'est un problème d'ombre et de chaleur au milieu de l'après-midi. Si c'est votre cas, le guide sur les jardins vivables en forte chaleur explique les trois leviers qui changent réellement le confort.

Décider

Une seule priorité pour l'année qui vient. La tentation est de vouloir tout régler, et c'est exactement ce qui fait qu'on ne règle rien : une liste de douze griefs ne devient jamais un projet, elle devient un devis qu'on repousse.

Comment choisir. Celle qui change la façon dont vous vivez dehors, pas la moins chère. Celle que vous constatez tous les jours, pas la plus visible. Et si deux se valent, gardez celle qui débloque les autres.

Ce qui n'est pas une priorité : « tout refaire », qui est un renoncement déguisé en ambition ; ce que quelqu'un d'autre a trouvé beau chez lui ; et ce qui relève d'un incident isolé plutôt que de la manière dont vous vivez habituellement le jardin.

Les trois pièges

Vouloir tout régler. Une priorité par an, tenue, transforme un jardin en trois ans. Douze griefs listés d'un coup ne transforment rien du tout.

Chercher des solutions en écrivant. Constater et concevoir ne se font jamais bien en même temps. Le carnet sert à constater, la conception vient après.

Attendre le printemps. Au printemps, le jardin est joli et vous ne vous souvenez plus de rien. Le seul moment où vous savez, c'est maintenant.

La bonne séquence

L'ordre compte autant que les gestes eux-mêmes.

1

Sortir

Vingt minutes dans le jardin, sans rien d'autre à y faire

2

Noter

Ce qui vous a gêné, avec vos mots, sans chercher de solution

3

Photographier

Ce que vous voulez retrouver, puis le même endroit à trois moments

4

Choisir

Une seule priorité, celle que vous constatez tous les jours

5

Dater

Le relevé, et le ranger. Vous le rouvrirez cet hiver

Ce que contient le carnet

Huit pages, à imprimer ou à recopier. Les cinq entrées écrites de l'étape « noter », avec de la place pour répondre. La liste des vues à garder en mémoire et les repères de prise de vue. La série de trois photos à faire dans la même journée. La page de décision, avec la priorité, la raison du choix et ce que cela changerait au quotidien. Et une date, à inscrire en bas, qui fait du relevé un point de comparaison plutôt qu'une note perdue.

Il est écrit au tutoiement, parce qu'il se remplit seul, dehors, un crayon à la main.

Questions fréquentes

À quel moment faut-il faire ce relevé ?

En fin d'été, tant que les massifs sont encore lisibles et que vous avez le souvenir précis de la saison. En novembre, les massifs sont coupés et les arbres nus : le jardin ne ressemble plus à ce que vous avez vécu.

Combien de temps faut-il prévoir ?

Vingt minutes pour la partie écrite, et une journée pour la série de photos, le temps que le soleil fasse son tour. Rien de plus.

Faut-il l'imprimer ?

Pas obligatoirement. Vous pouvez recopier les questions dans l'application Notes de votre téléphone. Ce qui compte, c'est d'écrire dans le jardin, pas devant un écran une fois rentré.

À quoi sert ce carnet si je fais appel à un concepteur ensuite ?

Il fait gagner l'étape la plus longue. Un carnet rempli et une série de photos permettent de comprendre les usages réels et les gênes constatées avant même le premier échange, et de le consacrer à vos priorités plutôt qu'à la description du terrain.

Faut-il proposer des solutions dans le carnet ?

Non, et c'est volontaire. Constater et concevoir ne se font pas bien en même temps. Dès qu'on écrit un remède, on arrête d'observer, et le remède noté sur le moment est rarement le bon.

Noter, photographier, décider : trois gestes qui se font sur le terrain, à l'heure où le jardin vous gêne. Si vous souhaitez nous présenter votre projet, vous pouvez joindre le carnet rempli et quelques photos à votre demande, nous les regardons en amont de l'échange.